La rénovation globale traite le logement dans son ensemble plutôt que geste par geste : isolation, ventilation, chauffage et menuiseries sont pensés comme un seul projet cohérent. C'est la voie que les pouvoirs publics soutiennent le plus fortement en 2026, avec des taux d'aide bien supérieurs aux gestes isolés.
En contrepartie, le parcours est encadré : audit préalable, gain minimal de deux classes au DPE et accompagnement obligatoire. Ce guide détaille les conditions, les montants et un exemple chiffré complet pour une maison de 100 m².
Définition et conditions
Une rénovation globale au sens du parcours accompagné de MaPrimeRénov doit faire gagner au moins deux classes au diagnostic de performance énergétique : passer de F à D, de E à C, ou mieux. Le projet doit comporter au minimum deux gestes d'isolation (murs, combles, planchers bas ou menuiseries) et ne peut pas conserver un chauffage au fioul ou au charbon à l'issue des travaux.
Le logement doit avoir plus de quinze ans et constituer une résidence principale, occupée par son propriétaire ou mise en location avec un engagement de durée. Les travaux sont réalisés par des entreprises RGE et validés par un audit énergétique avant et après chantier. Cette exigence de résultat distingue le parcours accompagné des gestes isolés, où seule la performance des matériaux est contrôlée.
Taux et plafonds 2026
L'aide se calcule en pourcentage du montant HT des travaux, dans la limite d'un plafond de dépenses qui dépend de l'ambition du projet. Plus le gain d'étiquettes est important, plus l'assiette subventionnable est élevée.
Le taux d'aide appliqué à cette assiette dépend du profil de revenus : jusqu'à 70 % pour les ménages très modestes (profil bleu), 55 % pour les ménages modestes (jaune), 40 % pour les revenus intermédiaires (violet) et 20 % pour les revenus supérieurs (rose). Une bonification s'ajoute lorsque le projet sort le logement du statut de passoire énergétique (étiquette F ou G au départ). Les montants détaillés par geste figurent dans notre guide des aides à la rénovation énergétique 2026.
Accompagnateur et audit
Le recours à un Mon Accompagnateur Rénov (MAR) est obligatoire pour tout parcours accompagné. Cet opérateur agréé par l'ANAH réalise ou fait réaliser l'audit énergétique, aide à définir le programme de travaux, vérifie les devis et suit le chantier jusqu'à la réception. Sa prestation (1 200 à 2 000 € selon les opérateurs) est elle-même subventionnée, intégralement pour les ménages très modestes.
L'audit énergétique préalable modélise le logement et compare plusieurs scénarios de travaux. Il détermine aussi l'ordre des gestes : isoler d'abord (combles, murs, planchers), ventiler ensuite pour évacuer l'humidité d'un bâti devenu étanche, puis dimensionner le chauffage sur les besoins réduits. Installer une pompe à chaleur avant d'isoler conduit à un appareil surdimensionné, plus cher à l'achat et moins performant à l'usage.
Exemple : maison de 100 m² de F à C
Prenons une maison des années 1970 de 100 m², chauffée par une vieille chaudière fioul, classée F. Le programme retenu : isolation extérieure des murs (22 000 €), soufflage des combles (3 500 €), remplacement de six fenêtres (7 500 €), VMC double flux (5 500 €), pompe à chaleur air-eau avec ballon (16 500 €), audit et accompagnement (4 000 €). Total : 59 000 € HT pour un gain de trois classes, de F à C.
L'assiette subventionnable est plafonnée à 55 000 € (gain de trois classes). Pour un ménage au profil jaune, l'aide atteint 55 % de cette assiette, soit 30 250 €, complétée par la bonification de sortie de passoire. Le reste à charge s'établit autour de 27 000 €, avant TVA à 5,5 % sur l'ensemble des postes. La facture de chauffage, elle, passe d'environ 2 800 € par an au fioul à 900 € par an avec la pompe à chaleur.
Financer le reste à charge
L'éco-PTZ finance jusqu'à 50 000 € de reste à charge pour une rénovation globale, remboursables sur 20 ans sans intérêt et sans condition de revenus. Dans l'exemple ci-dessus, un éco-PTZ de 27 000 € sur 20 ans représente une mensualité de 112 €, largement couverte par les économies de chauffage réalisées.
Une avance sur subvention peut être versée aux ménages modestes et très modestes pour éviter d'avancer la totalité des fonds. Certaines banques proposent également des prêts travaux complémentaires adossés au dossier MaPrimeRénov. Pour vérifier ce que votre maison peut viser et dans quel ordre engager les gestes, consultez notre page rénovation globale.
Nos chargés de projet RGE rédigent ces guides à partir des chantiers réalisés et des barèmes en vigueur.


